MINNEAPOLIS
Day 21
Jour 21 aux Etats-Unis, nous avons roulé de nuit depuis Lincoln, Nebraska jusqu’à Minneapolis, Minnesota. On arrive dans le Midwest au petit matin.
Pour la suite du voyage ce sera cette routine qui reviendra : trajets de nuit et travail de jour pour l’équipe. Moi je suis accompagnatrice donc je pourrai profiter de chaque ville la journée. Arrivée à Minneapolis vers 8h ou 9h. Je précise qu’entre Los Angeles et mon arrivée à Lincoln, il y avait 2h de décalage horaire. Après avoir passé trois semaines à m’habituer au fuseau horaire de LA, voilà une micro-difficulté qui s’ajoute.
Le bus se gare dans le parking de First Avenue, une salle de concert ayant un poids culturel et historique comme peu d’autres aux USA. En effet la salle est un lieu culte pour les fans de Prince, icone de la ville, qui y a joué plusieurs concerts, enregistré des performances légendaires et qui apparaît dans son film culte Purple Rain.
Il y a d’ailleurs une immense fresque de lui juste devant la salle de concert.
Oui vous remarquerez que j’ai plus d’une semaine de décalage entre ma visite à Minneapolis et le post… On profite de la matinée ensoleillée pour aller faire une ballade. J’essaye toujours de me renseigner un peu sur le profil de la ville, pour en avoir une meilleure lecture et comprendre l’environnement. Et par extension de retranscrire ça par écrit.
On commence pas une journée sans un donut, on va au plus proche et il s’avère qu’il est délicieux : Cardigan Donut dans le IDS Center, le gratte-ciel le plus haut de Minneapolis mais aussi de l’état du Minnesota.
Minneapolis est la ville des lacs, il y en a plus d’une vingtaine dans le centre de la ville. Son centre historique s’est développé autour des chutes de St. Anthony sur le fleuve Mississippi, un des fleuves les plus long des USA, qui traverse le pays du Nord au Sud. Ce sont ces particularités qui ont fait de Minneapolis une capitale industrielle de la farine au XIXe siècle.
En effet, avant l’électricité, l’énergie hydraulique était une mine d’or énergétique.
Les moulins étaient installés directement le long du fleuve, l’eau était détournée via des canaux, elle faisait tourner des turbines, les turbines alimentaient des machines pour moudre le blé qui étaient de gigantesques complexes industriels, parmi les plus modernes du monde.
Deux grandes entreprises dominaient : Pillsbury Company et Washburn-Crosby Company (devenue plus tard General Mills). Elles ont transformé Minneapolis en : “Flour Milling Capital of the World”
L’industrie s’effondre entre les années 30 et 60. L’amélioration des réseaux ferroviaires entraine le déplacement des moulins plus près des champs de blé, dans d’autres états. L’électricité remplace l’eau, les moulins et usines n’ont plus besoin d’être proche de la rivière.
Je vous raconte tout cela parce qu’on voit encore clairement les traces de cette époque industrielle le long du Mississippi. Certains anciens moulins ont été volontairement gardés à l’état de ruines pour mémoire. Le meilleur exemple étant le Mill City Museum (que je n’ai pas visité)
Les anciens moulins ont été transformé en appartements lofts haut de gamme, les silos en espaces créatifs ou bureaux et les entrepôts en restaurants ou galeries.
On voit d’ailleurs les bouches d’égoûts de la ville avec des motifs de blé, de maïs, etc.. C’est assez beau. Et même de coton, je me demande s’il n’y a pas eu des usines de tissus aussi car un des bâtiments indique “North Star Blankets”




On décide de traverser le Stone Arch Bridge pour se rendre de l’autre côté, dans le quartier de Saint Anthony Main. Mon mari doit être rentré pour 14h30, donc on essaye de trouver un endroit pour manger avant et nourrir notre fils. Coïncidence trop cool, on tombe sur un Delicatessen servant de la cuisine de l’Europe de l’Est, fondé par Wasyl et Anna Kramarczuk, un couple d’ukrainien arrivé aux USA dans les années 1940. On y retrouve les plats de l’Europe de l’Est que nous avons l’habitude de manger en Pologne avec mon mari : du bigos (choucroute polonaise), Kapusniak (soupe de lard, carottes et choucroute dans un bouillon fermenté) et un pastrami Brisket. C’est une cantine, super lieu vraiment trop agréable. Il y a la partie épicerie attenante également, on est super contents de notre découverte. Ca s’appelle Kramarczuk’s
De retour vers la salle de concert. Ce qui frappe aussi lorsqu’on se promène downtown c’est cette présence de skyways ; des passerelles aériennes qui relient les buildings les uns avec les autres : les hivers étant très rudes (-15°C à -25°C, les habitants sont habitués et préparés à ne pas aller trop dehors)
Sur notre route, des buildings assez remarquables aux styles et époques très variés.

Belle surprise de découvrir ce bâtiment assez majestueux. On dirait une église un peu contemporaine avec ces hautes fenêtres qui s’apparentent à des vitraux. Il s’agit en fait du Northwestern National Life Building, le siège d’une assurance, dessiné par l’architecte japonais Minoru Yamasaki en 1965. Actuellement inoccupé, il est destiné à devenir une boutique hôtel et ouvrir en 2028. En espérant qu’ils ne défigurent pas trop son aspect.
L’après-midi, j’ai envie de visiter autre chose. Avant tout je rentre chez Candyland, un magasin ancien qui fait des pop-corns. Je rentre pour prendre une photo je trouve ça atypique et la boutique est trop mignonne.
Je me renseigne sur l’architecture et repère deux beaux bâtiments brutalistes. Je prends un bus et je vais voir la librairie Arvonne Fraser. Il y a vraiment des moments plus opportuns que d’autres pour voir un bâtiment, surtout en fonction de l’heure de la journée et de l’orientation du soleil. Ce n’était pas le bon moment pour cette librairie qui était totalement à contre jour mais qui était malgré tout assez belle à admirer. Regardez moi la beauté de ce poteau en béton :)))
Je poursuis mon itinéraire brutaliste en bus puis je me retrouve au coeur de l’université du Minnesota, au sens le plus cliché du terme, je passe devant toutes les fratries et sororités, je vois des jeunes étudiants torse-nus jouer au ping pong devant leur maison, des jeunes filles en uniforme répéter une choré. Je passe dans le campus, devant le stade.
C’est gigantesque, et je regarde ça par la fenêtre je suis contente, c’est une toute autre ambiance. C’est un quartier entier. Je décide de descendre pour aller me balader mais c’est tellement grand que j’ai pas la force. Je me balade sur le campus, je n’ai pas pris de photo car je voulais pas avoir l’air d’une freak mais tous les étudiants avaient des sweats Minnesota j’avais l’impression d’être invisible dans ce décor.
Je tombe sur ce bâtiment moderniste par hasard. J’adore la brique et les lignes orthogonales. La présence des tulipes rajoute vraiment une atmosphère vintage que j’aime bien.
Je finis par apercevoir au loin ces immeubles que j’avais repéré : Riverside Plaza, un complexe résidentiel datant des 70s, réinterprétant le style de Le Corbusier (structure en béton, couleurs primaires en façade et l’idée d’une ville dans l’immeuble). Il est 18H et encore une fois, le soleil n’éclaire pas les façades principales (caprice).
J’avoue que je n’ai plus trop d’énergie à la fin de la journée. Le matin, je me fais réveiller assez tôt par mon fils. Le soir on est censé repartir directement après le concert pour enchaîner le lendemain donc je décide de rentrer me reposer au bus et d’aller prendre ma douche dans la salle de concert. Je ne sais plus si je vous ai expliqué, mais il n’y a pas de douche dans le bus donc c’est le même principe que le camping, on attend d’arriver dans une salle pour prendre une douche en loges, faire des machines à laver, etc.. Je suis quand même super contente de ma journée et j’ai la sensation d’avoir pu faire pleins de choses assez représentatives de la ville. Le soir je n’assiste pas au concert, je reste dans le bus et garde mon fils qui dort. Je mange un plat que j’ai pris à emporter et dont je ne me rappelle plus à l’heure qu’il est. Mais me voilà satisfaite de cette journée, et on se retrouve vite pour la prochaine destination : Milwaukee.
Mon itinéraire - 24H à Minneapolis
















































